Sheila Hicks au centre Pompidou - Lignes de vie -

Pockets et Cordes sauvages Pow Wow


Un dimanche humide et sous la grisaille parisienne me motive à aller chercher la couleur! Le centre Pompidou expose justement les œuvres de SHEILA HICKS. Amoureuse du textile, je m'empresse en bonne compagnie (maternelle) de filer découvrir son travail (l'exposition se terminant le 30 avril 2018.)

Cette rétrospective est une vrai thérapie! C'est une immersion totale dans le monde formel, matériel et chromatique de Hicks. Nous y découvrons des œuvres vertigineuses, vivantes, sous forme de cascades, de lianes, la matière y est exaltée et la couleur se déploie dans l'espace. Un vrai jeu visuel et sensoriel (si seulement nous avions pu les toucher...)

Lighthouse in the Flatlands


1.Moroccan Prayer Rug / Nejjaï - 2. Prayer Rug - Banisteriopsis-Dark Ink - 3. Chapultepec


Minimes

Hicks crée ses premiers Minimes en 1956 et en réalise aujourd'hui encore. Ces œuvres "nomades" de petit format, que l'artiste qualifie aussi d' "investigations" ou d' "expressions personnelles", concentrent la plupart de ses préoccupations, le plus souvent en 2 mais parfois en 3 dimensions. Elles sont étroitement liées à un lieu, une atmosphère ou un souvenir, auxquels renvoient les titres, souvent imaginés et poétiques.

Ces petits tissages incarnent le temps de la création heureuse dans un geste alliant expérimentation et rêverie.


Lianes de Beauvais, 2011-2012

Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, Paris

Par leur titre, ces épaisses cordes de lin serrées les unes aux autres renvoient à des univers opposés: la manufacture nationale de Beauvais, forte d'un savoir-faire multiséculaire en matière de tapisserie et les lianes, que notre imaginaire associe à une végétation sauvage. Les jeux de la ligne et de la couleur y témoignent d' une parfait maîtrise des contrastes chromatiques théorisés par Michel-Eugène Chevreul, qui fut directeur des ateliers de teinture des Gobelins au 19e siècle.


North-South-East-West, 2018

Collection particulière

Cette assemblage de panneaux horizontaux et verticaux, enveloppés de fils de lin, suggère des tableaux qui n'auraient pas encore été accrochés, comme en attente d'une destination. L’œuvre interroge l'histoire d'une abstraction moderniste qui a rejeté toute filiation avec le décoratif. L'expérience chromatique infinie proposée par ces panneaux que l’œil peut parcourir dans tous les sens rappelle que l'artiste s'est formée à Yale comme peintre.